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Si
la Maison des Jeunes de Woluwe-Saint-Lambert se constitue
en asbl et obtient reconnaissance du Ministère
de la Culture française en 1965, son histoire
débute vraiment en 1962 déjà.
Dans la maison voisine de ses actuels locaux, Monsieur
et Madame Louveau s’occupent alors de «
jeunes filles du juge » et organisent alors à
leur intention des soirées récréatives
ouvertes aux jeunes des environs. L’expérience
étant concluante, ils s’attèlent
à la création d’une structure de
loisirs pour la jeunesse.
Installée peu de temps après sa naissance
dans une vieille bâtisse de la place Verheyleweghen,
la MJ (baptisée Ferme V en référence
à la vocation première de l’endroit
et au V de la victoire des étudiants parisiens
de mai ’68) devint rapidement un haut lieu de
ce qu’on appelait la « contre culture »
en développant une action politique (ayant comme
fondement idéologique la contestation de la société
et du pouvoir en place) et socioculturelle intense.
La Ferme V, associée à l’émergence
de nombreuses initiatives alternatives, devint une plaque
tournante des mouvements contestataires de progrès
tout en se faisant remarquer par une programmation musicale
novatrice (le premier concert de Genesis en Europe continentale,…).
La MJ compta alors jusqu’à 2000 membres.
En 1974, elle fut une première fois expulsée
de ses locaux pour cause officielle d’insalubrité.
Les 14 années qui suivirent furent marquées
par de nombreux déménagements (toujours
l’insalubrité !) et une activité
qui se poursuivait tant bien que mal dans ces conditions
difficiles.
Moins révolutionnaire mais toujours farouchement
revendicatrice, la Ferme V fut d’ailleurs rebaptisée
Antichambre en 1981, dans le but de rompre avec l’image
négative qui lui connaît à la peau.
L’opération ne connut pas le succès
escompté même si la MJ finit par être
installée, au début de l’année
1988, au n°38 de la rue Vervloesem, un ancien club
de pétanque, qu’elle occupe encore aujourd’hui.
Quelque peu essoufflée par ces incessantes luttes
pour la survie, l’Antichambre commença
à se reconstruire de nouvelles bases, sans bruit.
Car le voisinage avait mal perçu l’installation
d’une MJ dans un quartier résidentiel d’ordinaire
si calme. Vers la moitié des année ’90,
l’animation au sein de la MJ avait repris une
belle densité, si bien que ses membres et responsables
décidèrent de fêter son 35ème
anniversaire avec fracas en 1997. Ce coup de projecteur
mis sur la MJ lui servit de véritable tremplin.
Les activités se multiplièrent, les projets
se suivirent, parfois en dehors de la MJ, l’équipe
passa de un à deux puis trois animateurs…
Le local, lui, vétuste et peu confortable depuis
le début, commença à friser l’insalubrité.
Des négociations furent entreprises avec la commune
en vue d’une rénovation complète.
Celle-ci devint une réalité à l’aube
de l’été 2000. Le chantier prit
4 mois et coûta près de 3 millions de francs
(dont 85% à peu près endossés par
la commune, les jeunes ayant largement contribué
aux travaux). A la réouverture officielle, le
17 novembre, le très nombreux public découvrit
un lieu non pas transformé mais intégralement
rénové et opérationnel, ce qui
constituait une vraie métamorphose.
Aujourd’hui, l’Antichambre est non seulement
un lieu vivant et animé, elle offre de surcroît
un certain confort aux jeunes !
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